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The Marx Brothers
Les Frères Marx


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Les Frères Marx

Les Marx Brothers, ou Frères Marx, sont des comédiens américains originaires de New York qui ont fait carrière au cinéma, mais aussi à la télévision et sur scène, notamment à Broadway, jusque dans les années 1950. Les liens fraternels que suppose le nom collectif des Marx Brothers ne sont pas une fantaisie, puisqu'ils formaient dans la vie une famille de cinq frères : Groucho, Harpo, Chico, Gummo et Zeppo. Au fil du temps, les apparitions de la fratrie se réduisent à quatre puis trois membres, les deux derniers ayant fait le choix de poursuivre leur carrière de leur côté. Gummo ne figure donc dans aucun long-métrage, bien qu'il ait été présent au début de la période théâtrale des Marx Brothers, et Zeppo, qui le remplace après son départ, apparaît seulement dans leurs cinq premiers films. Les genres cinématographiques de prédilection des frères Marx se situent dans la veine comique : chez eux, tant dans les situations que dans les dialogues, la comédie exploite un humour de l'absurde, parfois teinté de burlesque, notamment par le jeu muet de Harpo. La présence d'un tel personnage au sein des Marx Brothers rappelle que le début de la carrière de ces derniers coïncide avec un tournant de l'histoire du cinéma : l'arrivée du parlant.

Les débuts au music-hall

Premiers pas (1905-1907)

Issue du monde du spectacle, Minnie Marx prend très tôt en main l'éducation artistiques de ses enfants, encouragés, très jeunes, à développer divers talents : le théâtre, la musique, la danse, et tout particulièrement le chant. Chico devient un excellent pianiste, tandis que Harpo se consacre à l'instrument qui lui donnera son nom de scène : la harpe. Groucho s'exerce à la guitare, mais il commence par être chanteur soliste, domaine dans lequel ses compétences lui valent d'être le premier de la famille à monter sur les planches. Quant à eux, Gummo et Zeppo, durant le laps de temps où ils accompagnent leurs frères, sont également de bons chanteurs. Les talents musicaux des frères Marx seront un atout très exploité dans leurs futurs films.

C'est sans doute le succès sur scène de son oncle, Albert Schönberg, plus connu sous le nom de Al Shean grâce au duo comique Shean et Gallagher, qui conduisit Minnie Marx à nourrir l'espoir que ses fils pourraient y faire carrière. C'est donc au music-hall que Groucho fait ses débuts en 1905, année qui marque le début de sa carrière professionnelle, après de brèves apparitions dans les églises, où manifestement, il ne trouvait pas sa place[12]. Il faut pourtant attendre 1907 avant de trouver au moins deux frères Marx réunis sur les planches.

Des Nightingales aux Mascots (1907-1910)

Accompagnés d'une chanteuse, Mabel O'Donnell (plus tard remplacée par Lou Levy), Groucho et Gummo forment alors The Three Nightingales, sous la houlette d'un agent artistique, Ned Wayburn. Lorsque ce dernier les quitte, c'est leur mère, Minnie Marx, qui devient leur manager. En 1908, Harpo rejoint le groupe, qui devient donc The Four Nightingales. Durant une année, ils sillonnent le pays, de bouges infâmes en fermes isolées, d'un État à l'autre, de maigres recettes à pas de recette du tout. C'est à cette époque que la veine comique commence à s'immiscer dans leurs représentations. En témoigne, à titre anecdotique, le personnage de Hans Pumpernickel, interprété par Groucho qui chantait avec un fort accent allemand, en tenue de garçon boucher, traînant derrière lui une saucisse[13]. Au début du 20ème siècle, Chicago est l'un des principaux centres musicaux en dehors de New York, et compte quelques studios de cinéma fraîchement créés. C'est ce qui décide Minnie à s'y installer avec sa famille (y compris sa sœur Hannah et son mari) en octobre 1909. Elle change d'identité et adopte le pseudonyme de Minnie Palmer, et s'établit comme productrice. L'année suivante, le groupe est remanié pour inclure Minnie et Hannah, il devient alors : The Six Mascots. Respectivement âgées de 42 et 44 ans, les deux femmes apparaissaient armées de guitares et habillées en écolières[14]. L'apparition du comique propre aux Marx Brothers[modifier] Annonce de Fun In Hi Skule dans un journal de 1911.

La naissance des Marx Brothers en tant que troupe théâtrale (1910-1924)

La première ébauche du style des Marx Brothers que nous connaissons se trouve dans une de leurs pièces, Fun in Hi Skule (ou Fun in High School). Les ingrédients caractéristiques en sont les répliques basées sur le non-sens ainsi que des numéros musicaux délirants. La tournée commence en 1910. Pour la première fois, l'élément central du spectacle n'est plus le chant, mais le ressort comique, qui se base ici sur une tendance populaire de cette époque du music-hall : les stéréotypes ethniques. Dans ces représentations, Groucho apparaît sous les traits d'un professeur, à nouveau doté d'un fort accent allemand, armé d'un bâton, vêtu d'une redingote et une perruque simulant la calvitie. Parmi ses élèves, on retrouve Harpo et Gummo, interprétant respectivement un irlandais et un juif. Il est communément admis que la première scène de Plumes de cheval (Horse Feathers), qui se déroule dans une salle de classe, donne un bref aperçu de ce que pouvait donner le sketch. Il faut encore attendre 1912 pour que Chico, qui a commencé une carrière de son côté, rejoigne ses frères. Son personnage dans la pièce sera italien : Chico avait déjà travaillé cet accent dans les rues de son quartier, pour détourner l'attention de sa judaïté et éviter ainsi les brimades. Ce premier numéro comique influencera nettement les futures productions des Marx Brothers, tant sur scène qu'au cinéma. Cependant, une évolution décisive attend le personnage de Harpo. En effet, dans Fun in Hi Skule, tout comme dans sa suite Mr. Green's Reception, qui sont les deux premières créations des Marx Brothers en tant que tels, Harpo est un personnage parlant. Mais, en 1914, leur oncle Al Shean écrit pour eux une comédie musicale, Home Again, variation sur les deux pièces précédentes dans laquelle il ne donne que quelques répliques à Harpo, ce qui donne l'idée à ce dernier de ne plus parler du tout. Il devient donc un personnage totalement muet. En outre, c'est cette pièce qui assurera aux Marx Brothers leurs entrées sur la scène de Broadway[16]. Or, avant la fin de la Première Guerre mondiale, Gummo quitte ses frères et le monde du spectacle pour s'engager dans l'armée américaine. Il sera alors remplacé par Zeppo à partir de 1921.

Broadway (1924-1929)

Au début des années 1920, les Marx Brothers sont déjà très populaires au music-hall, mais ils n'ont réalisé que de petites et moyennes productions. Toujours au nombre de quatre, ils investissent Broadway, alors en plein âge d'or. En mai 1924, ils y jouent leur premier grand spectacle, une comédie musicale à gros budget intitulée I'll say she is. Entre temps, les personnages se sont peu à peu approchés de la version que nous leur connaissons : pendant et après la Première Guerre mondiale, pour des raisons évidentes, Groucho abandonne son accent allemand. Il adopte sa démarche caractéristique et commence à arborer les deux accessoires qui sont devenus sa signature : son énorme moustache et son gros cigare. Harpo ne se sépare plus de sa perruque, son pantalon trop grand et sa corne de brume. Chico ne perd pas son accent italien, et commence à porter, parfois, un chapeau. Quant à Zeppo, il a récupéré le rôle de jeune gentleman ingénu qui appartenait autrefois à Gummo.

Les Marx Brothers au cinéma

La transition vers Hollywood (1929)

Après ce succès, les Marx Brothers gagnent en assurance et présentent à Broadway deux nouveaux spectacles, qui marquent un tournant dans leur carrière : Noix de coco (The Cocoanuts) en 1925 et L'Explorateur en folie (Animal Crackers) en 1928. En effet, c'est le succès de ces deux pièces, conjugué à l'apparition du parlant, qui rendront possible leur migration de la scène au cinéma. Il est notable que la carrière des frères Marx prenne véritablement son envol au moment même où le cinéma parlant se démocratise. Les frères Marx apprennent la mort de leur mère le 13 septembre 1929. La même année, Hollywood les aborde : la Paramount Pictures a décidé de capturer l'une de leurs représentations de The Cocoanuts sur bobine, en tant que l'un des premiers films parlants. Du spectacle original de 140 mn, elle fait un film de 96 mn[17]. L'opération est renouvelée l'année suivante, avec Animal Crackers. Les premières apparitions des Marx à l'écran sont donc un bref découpage de leurs exploits scéniques, qui ne reflète pas vraiment le potentiel qu'ils développent à partir de leur troisième long-métrage, Monnaie de singe (Monkey Business), où la forme de la comédie musicale, toujours sensiblement présente, adopte un mouvement nettement plus filmique que théâtral. Cependant, les Marx ne se sépareront jamais tout à fait de la scène.

Paramount Pictures (1929-1933)

A partir de 1930, après signature d'un contrat avec la Paramount, c'est au cinéma que les Marx Brothers apparaissent le plus souvent, bien qu'ils conservent leur amour pour la scène. Il faut cependant noter que leur véritable première tentative au cinéma est un film muet intitulé Humorisk (ou Humor Risk), dont on n'a conservé aucune bobine. Tourné en 1921, il déçoit les Marx Brothers, et n'est projeté qu'une seule fois avant d'être jeté aux oubliettes. Ce premier échec a sans doute retardé leur passage de Broadway à la Paramount. Or, peu après le krach de 1929 à Wall Street, les Marx sont ruinés, et ne sont pas les seuls acteurs de théâtre à se retrouver au chômage. En outre, cela fait déjà quelques temps qu'Hollywood les réclame. Les Marx Brothers en couverture du Times Magazine (1932) La période de collaboration entre les Marx Brothers et la Paramount s'avèrera décisive après les deux transpositions cinématographiques de leurs pièces. Mais avant de produire leur premier film spécialement conçu pour le cinéma, les frères Marx font une apparition de six minutes dans un moyen-métrage promotionnel, The House That Shadows Built, paru en 1931 à l'occasion du vingtième anniversaire de la Paramount. Dans ce sketch, ils interprètent une scène de leur premier grand spectacle à Broadway, I'll say she is. Cette scène, basée sur des imitations de Maurice Chevalier, servira à la fois de publicité pour Monnaie de singe (Monkey Business), sorti en salle la même année, ainsi que de matériau à une future scène du film, dans laquelle les Marx Brothers, passagers clandestins sur un bateau, tentent de s'en échapper en utilisant le passeport du célèbre acteur pour se faire passer pour lui. L'intrigue de Monkey Business, réalisé par Norman McLeod, est très enlevée, et donne lieu à d'hilarantes courses-poursuites : deux gangsters rivaux, Alky Briggs et Joe Helton, engagent les frères Marx comme tueurs à gages afin d'éliminer l'autre. Harpo et Chico doivent tuer Briggs pour Helton, tandis que Groucho et Zeppo s'occupent de Helton pour Briggs. Or, Zeppo est tombé amoureux de Mary Helton, la fille du gangster, qui a été enlevée par son adversaire Briggs. De retour sur la terre ferme, les quatre frères unissent leurs forces pour la sauver. Il s'agit du rôle le plus conséquent de Zeppo, et du seul film où les Marx Brothers apparaissent tous les quatre sous leurs noms de scène. En 1932, la Paramount fait à nouveau appel à Norman McLeod et aux frères Marx pour un second film, Plumes de cheval (Horse Feathers). Le film est une satire des institutions scolaires américaines et parodie l'hypocrisie des comportements humains durant la Prohibition. Il connaîtra un très grand succès, et sa publicité leur permettra même de faire la couverture du Times. Groucho y interprète le respecté professeur Quincy Adams Wagstaff, fraîchement nommé directeur d'un campus universitaire, Huxley High School. Son fils, joué par Zeppo, y a redoublé plusieurs fois, et tombe amoureux d'une jeune femme qui exerce une mauvaise influence sur lui. Wagstaff cherche par tous les moyens à redorer le blason de l'école, en difficulté pécunière. Une occasion se présente sous la forme d'un match de football contre le campus rival qu'il faut gagner sous tous les prétextes. Wagstaff a donc l'idée de soudoyer deux joueurs professionnels, mais il engage par erreur deux plaisantins, Baravelli et Pinky, qui ne sont autres que Harpo et Chico. Ici encore, le film est une production originale destinée au cinéma, mais il puise également dans le matériau théâtral des Marx Brothers. Notamment, à plusieurs reprises, Harpo extirpe de son pardessus une foule d'objets absurdes qui ne devraient normalement pas s'y trouver, tels qu'un maillet en bois, un poisson, une épée, une corde enroulée, une cravate, un poster de femme en sous-vêtements, une tasse de café brûlant, et, juste après une réplique de Groucho qui l'avertit qu'il ne faut pas brûler la chandelle par les deux bouts, une chandelle allumée aux deux extrémités. Ces gags sont directement hérités d'un sketch présent dans Animal Crackers, dans lequel la manche de Harpo laisse échapper au compte-goutte les pièces d'un service d'argenterie complet, suivies d'une cafetière. C'est à cette époque que Groucho et Chico commencent à prêter leurs voix à une série comique écrite pour la radio et intitulée Flywheel, Shyster, and Flywheel, dont la diffusion fut de courte durée. Dans les années 1980, les scripts de ces pièces radiophoniques ont été retrouvées à la Bibliothèque du Congrès, ce qui a permis de constater que celles-ci avaient été une mine de trouvailles pour la filmographie des Marx Brothers. Elle furent alors publiées et diffusées par la BBC, qui avait engagé des imitateurs pour ce faire. Mais peu après le succès de Plumes de cheval, une refonte totale de la Paramount fait redouter aux Marx Brothers le non-respect des termes de leur contrat. Les frères craignent surtout de ne pas percevoir les recettes promises : une dispute éclate. Elle culmine lorsqu'ils menacent de monter une société de production indépendante sous le nom de Marx Bros. Inc., et de partir avec le script de leur nouveau film, La Soupe au canard (Duck Soup)[18]. Finalement, le film est bien produit par la Paramount, mais il s'agira de leur dernière collaboration avec elle. En 1933, les Marx Brothers tournent donc La Soupe au canard, qui est aussi le dernier film avec Zeppo. Le studio fait appel à un réalisateur déjà très en vogue à cette époque : Leo McCarey, qui a travaillé, notamment, avec Laurel et Hardy et Tod Browning. L'histoire se déroule dans un pays imaginaire, le royaume de Freedonia, en guerre contre un autre petit pays d'Europe, imaginaire aussi, appelé Sylvania. La veuve de l'ancien président de la Freedonia, Mrs Teasdale, interprétée par Margaret Dumont, décide de faire appel aux services d'un certain Rufus T. Firefly, qui n'est autre que Groucho, pour tenter de rétablir l'équilibre du pays. Ce dernier s'empresse de lui faire la cour, mais il a un rival : Trentino, l'ambassadeur de Sylvania qui a engagé deux espions, Pinky et Chicolini, derrière lesquels on reconnaît Harpo et Chico. Samuel Marx, dit "Frenchie" (1923) On peut noter, parmi les scènes marquantes du film, celle dite "du miroir" : Chico, Harpo et Groucho, tous trois en chemise et bonnet de nuit, apparaissent ensemble à l'écran portant les sourcils, les moustaches et le cigare ordinairement caractéristiques du costume de Groucho. Les effets comiques de cette scène jouent sur la ressemblance visuelle frappante entre les trois frères, et sur le décalage créé par la conservation du mutisme de Harpo et de l'accent italien de Chico. Cette même année 1933, peu avant leurs déboires avec le studio, leur père, Frenchie Marx, meurt d'une crise cardiaque.

Metro-Goldwyn-Mayer et RKO Radio Pictures (1934-1941)

En 1934, Zeppo décide de quitter le quatuor pour devenir agent artistique. Trois années plus tard, il fonde avec Alan Miller et son frère Gummo (qui a fait le même choix de carrière après la guerre) l'une des plus grosses agences artistiques hollywoodiennes, la Marx-Miller-Marx Agency. Ils signeront notamment avec Jean Harlow, Jack Benny et Lana Turner au début de leurs carrières. Dès la fin des années 1930, ce sont eux qui représentent aussi les Marx Brothers. Deux ans s'écoulent entre La Soupe au canard (Duck Soup) et leur prochain film, pause durant laquelle Groucho et Chico poursuivent leur émission de radio et où les trois frères envisagent un retour au music-hall. Mais le départ de Zeppo n'est pas la seule cause du nouveau tournant qui attend les Marx Brothers. Car Chico, dont l'homme et le personnage partagent une passion pour le jeu, a dans ses relations un autre joueur invétéré : son partenaire de bridge, Irving Thalberg, vice-président de la Metro-Goldwyn-Mayer. La décision de faire signer aux Marx Brothers un contrat avec le studio est prise au cours d'une partie. Son intervention dans leur œuvre sera significative. Admiratif et critique à la fois, il insiste sur la nécessité de construire leurs structures narratives de manière plus rigoureuse, en regard des films de la Paramount qui contenaient une large part d'improvisation. Cette volonté de discipline dans la conception du scénario s'applique également aux acteurs eux-mêmes, et à leur rapport au comique. En effet, les deux premiers films des frères Marx avaient bénéficié d'une longue période d'essai grâce aux représentations théâtrales : c'est de là que vient l'idée d'utiliser la scène du music-hall comme lieu d'expérimentation pour leur prochain film, Une nuit à l'opéra (A night at the opera). Les scénaristes suivent la troupe et travaillent à partir des représentations. Pour la première fois, les rires du public sont chronométrés afin que ceux-ci ne couvrent pas les répliques, Thalberg ayant proposé de réaliser un film plus efficace mais avec moins de gags. Il tente également de donner une teinte plus sympathique aux personnages, et de diriger leurs comportements parfois excentriques, voire antisociaux, vers un objectif rationnel. Il introduit une notion du bien et du mal presque inexistante dans leurs précédents films, principalement pour Groucho et Harpo, et dans ce même souci de fidélisation d'un public à leurs personnages, souhaite intégrer à l'histoire une intrigue amoureuse destinée à toucher particulièrement les femmes. En 1935, la MGM produit donc Une nuit à l'opéra, réalisé par Sam Wood ; il s'agit d'une satire qui touche cette fois le milieu et les institutions de l'opéra classique. Le rôle du jeune homme séduisant, tenu précédemment par Gummo puis Zeppo, est repris par un nouvel acteur, Allan Jones, qui incarne dans le film un jeune choriste, Ricardo Baroni. Son rôle permet de mettre en place un trio amoureux secondaire (la jeune Rosa est courtisée par l'une des plus grandes voix italiennes du moment, Rodolpho Lasspari, mais est elle-même amoureuse de Baroni). Quant au triangle amoureux principal, il est constitué par une riche veuve dénommée Mrs Claypool, mécène de l'Opéra de New York (on retrouve dans ce rôle Margaret Dumont), objet de la convoitise d'Otis B. Driftwood, son agent (interprété par Groucho), et du directeur de l'Opéra de New York, Hermann Gottlieb (Sig Ruman). Harpo joue le rôle de Tomasso, l'assistant de Lasspari, tandis que Chico est Fiorello, l'agent qui représente Baroni. Le soir de la représentation du Trouvère de Verdi, Driftwood, Tomasso, Fiorello et Baroni sèment le désordre au nom de l'amour et transforment l'opéra de New York en gigantesque capharnaüm. Le film contient une séquence dans laquelle, comme à l'époque de Monkey Business, les frères se retrouvent à nouveau passagers clandestins à bord d'un paquebot. En effet l'une des scènes comiques les plus marquantes du film prend place dans une minuscule cabine, où les trois Marx Brothers et Allan Jones, déjà à l'étroit dans cet espace réduit, accueillent une douzaine d'autres personnes qui viennent s'y entasser de manière absurde sans jamais songer à en sortir. Une autre scène restée dans les mémoires : celle de la signature d'un contrat entre Chico et Groucho, où le dialogue entre les deux contractants tourne à l'absurde, et où le papier finit en petits morceaux, non signé car Chico se dit incapable d'écrire. D'ailleurs, le stylo que lui tend Groucho ne contient pas d'encre. Le film est émaillé de numéros musicaux, pas toujours à vocation comique, et pas toujours interprétés par les frères Marx eux-mêmes. En 1937, après avoir à nouveau expérimenté le spectacle sur scène avant de faire le film, les Marx Brothers tournent Un jour aux courses (A Day at the Races), toujours en compagnie de Sam Wood, d'Allan Jones, de l'incontournable Margaret Dumont ainsi que d'Irving Thalberg, qui meurt cependant avant la sortie en salle. La recette qu'il a élaborée pour Une nuit à l'opéra s'est révélée concluante : compte tenu du succès obtenu par le film, on retrouve le même souci de construction pour la réalisation, et le nouvel opus porte sa marque. Cinq versions du script de la pièce, 141 représentations sur scène (durant l'été 1936) et six versions du scénario le précèderont.[20] Cette fois-ci, le film aborde simultanément deux milieux : celui des courses hippiques et celui de la médecine. Il met en scène un charlatan interprété par Groucho, le Dr Hackenbush, vétérinaire qui prend en charge la direction d'un sanatorium que sa jeune propriétaire, Judy Standish, peine à entretenir. Avec l'aide de son chauffeur, Tony, joué par Chico, elle passe un marché avec Mrs Upjohn, une veuve hypocondriaque et très riche derrière laquelle on reconnaît Margaret Dumont, qui accepte de la financer à la seule condition qu'elle engage Hackenbush. Allan Jones joue le rôle de Gil, l'amoureux de Judy, un jeune chanteur désoeuvré qui investit tout son argent dans un cheval de course. Il engage Stuffy, c'est-à-dire Harpo, comme jockey. Ce film aura également beaucoup de succès et son lot de scènes célèbres, telle que celle de la "glace Tootsie Frootsie" ("Tootsie Frootsie ice-cream"), dans laquelle Hackenbush le charlatan se fait arnaquer par Tony sur la combinaison gagnante d'une course hippique, information pour laquelle il paie le prix fort et qui ne lui est divulguée que lorsqu'il est trop tard pour parier. La scène est rythmée par la rengaine de Chico qui pousse un chariot de vendeur de glaces en criant "Tootsie Frootsie ice-cream!". On peut noter également une parodie de scène d'amour entre Groucho et Esther Muir dans le rôle de Flo Marlowe, rythmée par les brusques interruptions de Chico et Harpo qui mettent la chambre d'hôtel sens-dessus-dessous ; ainsi que la scène absurde de l'examen médical de Margaret Dumont par Groucho, assisté de Chico et Harpo. Quant à la musique, elle intervient notamment dans une séquence avec orchestre, dans laquelle Harpo succède à Chico devant un piano à queue. Il livre alors une interprétation parodique du Prélude en do dièse mineur de Sergueï Rachmaninov, qu'il fait littéralement "subir" à l'instrument, entraînant sa destruction progressive jusqu'à ce qu'il n'en reste que le cadre contenant les cordes, sur lequel il finit par jouer comme sur une harpe. Cependant, avec la mort de Thalberg, les Marx ont perdu leur allié à la MGM.

Les personnages des Marx Brothers

Groucho

Groucho, le sempiternel cigare aux lèvres ou en main, la moustache qui n'est que trace de bouchon brûlé, le verbiage dément, le sens déplorable des responsabilités. Il chante aussi, tirant jusqu'à la corde mais avec habileté, sur sa voix de fausset. Il danse enfin, à la burlesque mais non sans grâce ni rythme. Groucho a toujours des prétentions de haute société non pour la distinction qu'elle apporte mais pour l'aisance financière et la tranquillité qui en découle. Groucho est un coureur impénitent mais toute sa tendresse va à Margaret Dumont illustrant au mieux l'adage : Qui aime bien châtie bien ! Groucho est un solitaire. L'intrigue l'amène à croiser Chico et Harpo qui sont, eux, toujours réunis. Dans l'enfance, Julius, plus jeune que Léonard et Adolf, faisait aussi un peu bande à part; par affinités manquantes et timidité surtout. Cet isolement est donc ici recréé. Groucho et Chico ont, dans chaque film, un dialogue et Chico est le seul être au monde à sortir intact d'une rencontre orale avec Groucho. C'est même ce dernier qui en revient perdant. Julius vouait à son aîné estime et respect et ceci explique cela; Chico a beau être introduit comme un primaire roublard et abscons, Groucho, en guerre contre le monde entier, est avec ce particulier très affable et d'une infatigable tolérance... En revanche peu de scènes l'uniront à Harpo avec lequel "ça ne passe pas". Si les deux frères s'aimaient tendrement, leurs deux personnages sont tout à la fois complémentaires et incompatibles. Même lorsque Harpo se trouve être le secrétaire de Groucho (the Big store), nul ne croit longtemps à leur connivence. Pour tous les marxophiles, Groucho, le benjamin du trio, est le Chef des Marx.

Harpo

Harpo, toujours muet même s'il ne l'était pas dans la vie courante, s'exprime à l'aide de gestes, de grimaces, et de sifflements, son trench-coat bourré d'objets des plus inattendus, utiles en ceci qu'ils orientent le spectateur (ou les personnages du film) vers la vision du présent qui est celle d'Harpo le lunaire. Harpo a le sens du bien. Il aime les enfants et fuit la police. Il a donc aussi du bon sens. Mais tout s'emmêle vite dans son bulbe, sa distraction est telle qu'il peut se saborder lui-même. On l'a souvent comparé à Charlot mais il est différent du gentleman vagabond sur un point crucial : Charlot avait une vie sociale, une ambition sociale, parfois même des ambitions de richesse, Harpo, lui, n'a d'autre ambition que de profiter de l'instant présent. L'argent n'est rien pour lui, il est le personnage le moins vénal de l'histoire du cinéma. Il serait même incapable de comprendre le pécuniaire dans son ABC. Il joue de la harpe (en l'appuyant sur la mauvaise épaule, selon les spécialistes) dans chaque film, sauf dans Duck soup (où il joue sur un piano comme on joue de la harpe), assurant une plage de repos rêvé dans une mer en débile remous.

Chico

Chico et son accent italien, seul être connu à saisir le langage Harpo voire à le pratiquer, le seul aussi apte à brider l'individualiste Groucho. Le seul à avoir le sens de l'amitié, il a des liens puissants avec les étrangers (comprenez : étrangers au trio ou quatuor Marx) et il est, enfin, le seul dont l'ambition peut transiger avec le bien de la communauté. Il aime le jeu (et Léonard l'aimait aussi à ce point qu'il devait finir ruiné, entretenu par ses cadets), les filles (Chico descendrait de "chicks" : poulettes ou jeunes filles) et le piano sur lequel ses doigts courent avec une vraie dextérité. Il emploie d'ailleurs une curieuse technique dite du "doigt revolver", pouce replié et index tout en détente. Elle deviendra sa marque de fabrique. Dans The Big store, il est professeur de piano et au clavier, jouant à quatre mains, on découvre des enfants pratiquant aussi le "doigt - revolver". Chico aurait tous les droits mais n'en abuse pas. En somme, il est le plus honnête des trois. Le plus filou aussi, pourtant. Il se joue de Groucho comme il veut mais on sait qu'il n'est pas impossible que Groucho se soit "laissé faire". Enfin, porte-parole de Harpo, bon an mal an, il est le lien entre les trois frères et son public.

Zeppo

Zeppo semble avoir un rôle moindre, il ne jouera d'ailleurs que dans les 5 premiers films marxiens, mais il mérite une présentation plus fournie. A l'extrême, on peut le présenter comme le plus dangereux des Marx Brothers car le seul des quatre à avoir apparence humaine et surtout sociale. Il n'est pas iconoclaste, pas farfelu, ne croise pas au large de toute logique ni de toute vie mondaine. Dans Monkey business comme dans Horse feathers, il prend même sur lui l'emploi de jeune premier. C'est lui qui fait le coup de poing pour défendre sa belle, comme un Fairbanks ou un Flynn. Mais il est quand même un Marx. Malgré cette apparence de normalité, universel laissez - passer, il est du quatuor et ne le lâche jamais, la priorité de la fratrie restant aussi la sienne. Il était donc des quatre Marx, celui qui "est comme tout le monde et c'est bien cela le drame". Dans Night at the opéra et Day at the races, les deux premiers Marx sans Zeppo, le ténor Allan Jones, semble ni plus ni moins occuper la place vacante. Mais les jeunes premiers suivants, plus ternes, délaisseront ce siège inconfortable. Il n'y aura plus de quatrième Marx Brothers. Faut-il le déplorer ?

Gummo

Gummo, le dernier des frères, avait déjà quitté le groupe avant que ne commence leur carrière filmographique.

Margaret Dumont

Les Marx Brothers sont inséparables de Margaret Dumont, même si elle n'est pas de tous les films, seulement sept sur treize mais c'est déjà pas mal. Toujours richissime naïve au grand cœur, toujours amoureuse de Groucho, qu'elle idéalise au possible et cible(solide) de ses plaisanteries. D'ailleurs, Groucho l'appelait la « cinquième » Marx Brothers.

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